confinement et retournement

03 avril 2020

Tu m'obliges à un lieu

Il faut oser y ouvrir le regard

l'abîme qui ne s'est jamais laissée pénétrée

la voilà enfin,

Oui, attendu en secret au plus intime de moi-même

le baiser du poison

qui délivre

des couches et des couches de mensonges

Le poison nous rend...

voyant

 

Les dieux te rendent la vue, Oedipe

A l'extrême limite de ta longue errance

Où plus rien n'est à perdre

Plus rien n'est à garder

Seul ton souffle pulse la vie

Et tu vois sans tes yeux

la lumière qui source de toute part

 

Tu puis embrasser la mort car tu sais qu'elle ment

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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02 avril 2020

Message d'OSHO

Extraits d'un message d'Osho qui résonne tant avec ce que nous traversons... Il parle de ce moment critique pour l'humanité (traduction maison, excusez les approximations...)

(13'05) Donc dans la vie de chacun d'entre vous, ce moment décisif va arriver. Ou l'homme commet un suicide, ou voyant que c'est une absurdité absolue, l'homme change sa conscience. C'est toujours sous la pression que les gens changent. Et il n'y aura plus jamais encore une pression plus grande qu'aujourd'hui. Il est fort probable que l'homme passe par une transformation (...)
C'est espérer en dépit de tout mais j'espère encore que le danger d'une mort globale sera un choc pour éveiller l'humanité. Si l'homme survit après ce siècle il sera un homme nouveau et une nouvelle humanité.
Une chose est certaine, ou l'homme doit mourir ou il doit changer (...)
Nous avons vécu d'une façon démente, et maintenant il y a un choix entre la lucidité et la démence. Si la démence gagne il n'y aura plus du tout de vie. Si la lucidité gagne, la vie viendra pour la première fois, libre de toutes les superstitions, de toutes les frontières, de toutes les divisions :
une humanité, une terre
Liberté d'expression, liberté de mouvement, liberté de choisir où vous voulez vivre.
C'est notre terre.

 

 


 

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30 mars 2020

 

Passion

Force du retour

 

Au chevet du monde agonisant

l'absurdité de tous côtés si violemment radicale

laisse présager l'intelligence de la destruction

Il nous faut sentir l'impasse à son extrémité

tout nous a conduit là

 

Il n'est pas un espace où nous ne sommes assaillis

par notre violence qui nous tend son miroir

Voir

au dedans

dans la marée noire

dans le poison plastique

dans le robot de la sensibilité niée

dans la destruction impitoyable du vivant

  

Voir!

 

force de dénoncer notre aveuglement qui répand l'obscurité

le poison que nous sécrétons dans le refus de regarder notre refus

la violence que nous nous cachons

- nous -humains?

pas encore

 

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27 mars 2020

Faire volte face

force du retour

semble une mort

pour qui s'agite

et pour qui ose

la brûlure du silence

l'excessive traversée du vide

 l'embrasse la beauté originelle

 

Unknown

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A lire... monologue du virus

 

Monologue du virus - " Je suis venu mettre à l'arrêt la machine dont vous ne trouviez pas le frein d'urgence. "

Faites taire, chers humains, tous vos ridicules appels à la guerre. Baissez les regards de vengeance que vous portez sur moi. Éteignez le halo de terreur dont vous entourez mon nom. Nous autres, virus, depuis le fond bactériel du monde, sommes le véritable continuum de la vie sur Terre.

https://lundi.am

 

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26 mars 2020

Au coeur des profondeurs de la matière s'élève un soleil

lumière perçant la nuit humaine

un feu s'éveille

éclats de rire et larmes

résonnent mêlés

jaillissant

 nos coeurs désemparés

 coques brisées

imagesolarco

nus

nouveaux nés

 

 

 

 

 

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23 mars 2020

STOP!

Que nous "dit" ce virus qui a mis une grande partie de l'humanité en confinement?

Il nous oblige.

Il nous dépasse, il nous déborde... il nous ramène à la limite!

Cum finis "aux confins" comme dirait cet après-midi un autre des mes voisins.

Il nous met un STOP!

 

Mon voisin revenait sur la métaphore de la guerre utilisée par le représentant du gouvernement dans son discours. Encore le rapport de force, "nous serons les plus forts"... vieille rhétorique usée d'un patriotisme d'un autre âge..  N'est-il pas conscient de la fréquence sur laquelle cela nous branche... les images, les mémoires, le climat d'horreur... Lui-même ne la cache-t-il pas ainsi... sa peur?

Nous sommes invités à regarder nos peurs les plus profondes. Nous nous le cachons tant, en simagrées de représentation sociale que cela nous agit constamment comme des marionnettes. Il faut garder la face, faire bonne figure, ne pas montrer de faille... autant de masques pour cacher la fragilité de nos vies. Oui, il y en a des couches de protections, de défenses à laisser tomber...

 Une femme, qui est aussi médecin, a répondu par une lettre :

NOUS NE SOMMES PAS EN GUERRE et n'avons pas à l'être...

Il est intéressant de constater combien nous ne savons envisager chaque événement qu’à travers un prisme de défense et de domination.

Les mesures décrétées hier soir par notre gouvernement sont, depuis ma sensibilité de médecin, tout à fait adaptées. En revanche, l’effet d’annonce qui l’a accompagné l’est beaucoup moins.

Nous ne sommes pas en guerre et n’avons pas à l'être.

Il n'y a pas besoin d’une idée systématique de lutte pour être performant.

L’ambition ferme d’un service à la vie suffit.

Il n’y a pas d’ennemi.

Il y a un autre organisme vivant en plein flux migratoire et nous devons nous arrêter afin que nos courants respectifs ne s'entrechoquent pas trop.

Nous sommes au passage piéton et le feu est rouge pour nous.

Bien sûr il y aura, à l’échelle de nos milliards d’humains, des traversées en dehors des clous et des accidents qui seront douloureux..

Ils le sont toujours.

Il faut s’y préparer.

Mais il n’y a pas de guerre.

Les formes de vie qui ne servent pas nos intérêts (et qui peut le dire ?) ne sont pas nos ennemis.

Il s’agit d’une énième occasion de réaliser que l’humain n’est pas la seule force de cette planète et qu’il doit - ô combien- parfois faire de la place aux autres.

Il n’y a aucun intérêt à le vivre sur un mode conflictuel ou concurrentiel.

Notre corps et notre immunité aiment la vérité et la PAIX.

Nous ne sommes pas en guerre et nous n’avons pas à l’être pour être efficaces.

Nous ne sommes pas mobilisés par les armes mais par l'Intelligence du vivant qui nous contraint à la pause.

Exceptionnellement nous sommes obligés de nous pousser de coté, de laisser la place.

Ce n’est pas une guerre, c’est une éducation, celle de l’humilité, de l’interrelation et de la solidarité.

Sophie Mainguy, médecin urgentiste

 

La planète prend sa respiration depuis que nous retenons notre course effrénée vers... la destruction.

PAUSE

Voir, réaliser comment nous vivons...

Est-ce que nous honorons assez la vie qui nous est offerte?

S'il vous plaît ne cherchons pas à nous occuper! Soyons sans repères, si c'est ce qui est là pour le moment, soyons ouverts, à l'écoute... Cela crée une brèche dans cette course vers la mort qui a tant feint d'ignorer sa mort, qu'elle en détruit tout. Laissons passer un grand courant d'air dans nos vies...

Ne loupons pas le rendez-vous avec le VIDE...

co - vid

a souligné mon voisin!

 

 

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21 mars 2020

Rencontrer son ombre... ou les vertus de la macération en confinement...

Aujourd'hui alors que j'ouvrai la fenêtre à mon chat, mon voisin m'a dit, tout en tenant à la main un casse tête en bois : "j'essaie de me reconquérir intérieurement..."

!

Un autre voisin d'habitude très discret, qui vit avec sa compagne et qu'on voit rarement dehors, est descendu seul en blouson ce midi dans le jardin de notre cour commune, et a commencé à préparer un mini barbecue posé sur une plaque d'égout... puis il a fait cuire une énorme tranche de viande...

Totalement surréaliste!

Confinés...

cum finis

"avec les limites", ramené dans les limites...

Un ami me disait : "il y a  des gens qui n'en peuvent déjà plus... il va falloir apprendre à mourir, enfin à se dénuder... Ca va prendre du temps, ça dépend selon les couches que l'on porte"...

 

Il y a une force centrifuge dans notre nature humaine : tendance à se tourner vers l'extérieur, se divertir (pour se détourner de quoi?). Se tourner vers l'intérieur, c'est comme nager à contre-courant, remonter à la source... On parle d'ennui sur le web... Mais c'est quoi l'ennui? Une force qui veut s'éloigner à tout prix de ce qui se passe au centre et qui ne semble pas digne d'intérêt?

Cette énigme d'être là... 

 

Alors enfermé ... seul, à deux, à trois... ou plus nombreux ...

Le fait de ne plus pouvoir fuir, se divertir dans le tourbillon extérieur, ne tarde pas à faire son effet. C'est un peu comme une macération, baigner ensemble dans une marmite... Ce qui était caché et qu'on pouvait éviter en courant vite ou en allumant un mental externalisé (la télé), commence a émerger tout à fait...

La relation est pour cela une cuisson qui n'a pas son pareil... Seulement, la tendance de notre nature serait plutôt de pointer l'index sur l'autre...

Retourner le doigt vers soi... grand exercice de musculation!

Mais la macération s'avère aussi efficiente quand on est seul! Ce n'est pas pour rien que l'on pratique l'hermitage, les retraites, dans toutes les traditions... La rencontre profonde avec soi-même révèle qu'il y a bien des aspects, des couches en nous... nécessité d'une mise à nu...

 

 

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20 mars 2020

Face à face avec la peur

 

Mon voisin m'a demandé : "qu'est-ce que tu fais toi toute la journée?"

-" Je ne m'ennuie pas... Quelle belle occasion de se découvrir... "

Il m"a répondu "me découvrir surtout pas! Je me suis découvert, il y a longtemps et je me suis vite recouvert. Si je rencontre le bonhomme au dedans je vais avoir des problèmes"...

"Oui c'est possible. Mais... c'est URGENT!!!!!

Rentrer à la maison :  AU DEDANS DE SOI !!!!!

Certes, chacun comme il peut...

Nest-ce pas l'invitation véritable qui nous est faite à travers toute cette mise en scène, au delà de son aspect tragique et politique?

Retourner en soi...

Et comment?

Et pourquoi ça fait peur?

 

...

18/03 Cette nuit, réveillée à quatre heures du matin... Crise d'angoisse, j'ai du mal à respirer, le larynx inflammé... je suis malade! Ca y est.

Ca fait cinq jours... pas de symptômes de fièvre mais une belle laryngite, mal de gorge puis inflammation du larynx ou alors serait-ce...???

Convoquée à rencontrer l'angoisse, et si et si...

 

Avalant des heures d'internet à la recherche d'infos, des symptômes, des préconisations, du nombre de morts, des documentaires et des commentaires en tout genre etc.

 Et c'est ainsi que la peur monte.

 

Consulter l'info est utile. Mais encore plus intéressant d'observer comment simultanément, sournoisement, ça nourrit l'inquiétude par des pensées toxiques. Ce stress qui n'aide pas notre système immunitaire. Au contraire... Alors avant de me jeter dessus, j'écoute, est-ce le moment? Ok je suis prête... A petite dose...

 

 

C'est une traversée, cette nuit...

Souvenirs d'autres nuits face à cette angoisse de mort...

Invitée à revisiter totalement ces mémoires de la peur de mourir. A pratiquer de plus en plus "le retour".

 

Le retour?

 

 

Il y a quelques mois, au coeur d'une angoisse, une nuit, personne à appeler, pas la peine d'aller chercher à l'extérieur, je plonge dedans, je reste dedans, déterminée... à m'y abandonner.

Et une bascule : soudain, je suis un bébé, je suis une unité baignée d'amour, que rien ne peut atteindre, une confiance fondamentale m'inonde. La vie même : aimante.

 

Ce n'est pas la première fois, et c'est toujours une première fois...

Au lieu le plus central du sentiment de "moi-même", cette découverte...

 

 

Traverser la peur de la mort

Démentir les pensées

Traverser les frontières du traumatisme de notre finitude

La crispation du moi

Transformer cette fréquence basse, de doute, d'angoisse liée à la pensée de la mort

"Dé-couvrir" que nous sommes un champ vivant unifié, fondamentalement sans peur,

Fondamentalement confiant

 

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